Les rotatives d'Hélio-Corbeil à l'arrêt
L'imprimerie Hélio-Corbeil, implantée à Corbeil-Essonnes depuis près de 200 ans et transformée en Scop (société coopérative et participative) en 2012, a arrêté la production après le retrait de son contrat d'impression de "TV Magazine" par le groupe Le Figaro. Bruno Arasa, PDG de l'imprimerie, a déclaré ce lundi 14 septembre : "Il n'aura échappé à personne que la crise de la Covid va impacter fortement l'économie des entreprises. Nous n'échappons pas à cette situation, qui est aggravée par la perte d'un très gros contrat ("TV Mag") qui représentait 72 % de notre chiffre d'affaires. Notre Conseil d'administration a décidé de recourir au chômage partiel et d'arrêter la production de nos rotatives. Nous ne sommes donc pas en procédure collective au tribunal de commerce et aucun PSE n'est en cours pour le moment."
La fin de l'activité d'Hélio-Corbeil avait été annoncée mardi 10 septembre par un délégué CGT. La CGT appelle au déploiement d'un nouveau projet sur un autre site, lequel pourrait redonner du travail à 45 personnes, soit la moitié des 90 salariés d'Hélio-Corbeil. Une autre source syndicale évoque un plan social.
Après l'arrêt de l'activité, le groupe Riccobono a repris à son compte l'impression de "TV Magazine", "Version Femina" et "Télé 7 jours".
Hélio-Corbeil avait déjà marqué l'actualité en 2010. Un plan de licenciement prévoyant le départ de 55 travailleurs sur 140 avait provoqué la colère d'une partie du personnel. Résolus à sauver l'activité, 80 salariés avaient repris l'entreprise sous la forme d'une Scop, mais ils travaillaient depuis sous la menace de la perte du contrat "TV Magazine", annoncée pour 2020 par Le Figaro. Le couperet était tombé après le décès en 2018 du capitaine d'industrie Serge Dassault, ancien maire de Corbeil-Essonnes (à 40 km de Paris) et propriétaire du groupe Serge Dassault. Le Groupe Dassault avait racheté Le Figaro en 1975 par l'intermédiaire de sa filiale Socpresse.
Source Caractère, France