Des fichiers adaptés à l’impression grand format: tout commence par des consignes claires
Une marge manquante, une ligne de découpe imprécise ou une image à la résolution insuffisante: en impression grand format, la moindre erreur dans un fichier peut retarder la production. Lors du salon Sign2Com, Stefaan Cardoen, responsable informatique et des processus chez Bevizion Group, a présenté les spécifications de livraison élaborées par Fespa Belgium en collaboration avec la VIGC. Il a également illustré la manière dont les entreprises du groupe Bevizion appliquent ces consignes au quotidien..
Un fichier qui n’est pas directement exploitable pour la production entraîne des contrôles supplémentaires, des échanges avec le client et, souvent, des corrections. Ce travail n’est généralement pas prévu dans le planning et, selon M. Cardoen, il est rarement facturé séparément. Si une erreur échappe malgré tout aux vérifications, elle peut donner lieu à une réclamation, voire à une réimpression. Avec ces nouvelles directives, Fespa Belgium et la VIGC souhaitent fournir au secteur de la communication visuelle un cadre de référence clair et pratique.
Les spécifications sont rassemblées sur une affiche récapitulative. Elles portent notamment sur le format des fichiers, les marges, la résolution, les paramètres colorimétriques, le texte, les contours de découpe et les vérifications à effectuer avant la production. M. Cardoen a souligné que cette affiche a vocation à être partagée avec les clients et les graphistes. En effet, les exigences de livraison ne peuvent être respectées que si ceux-ci connaissent clairement les attentes de l’imprimeur.
Évaluer la résolution au format final
Les directives acceptent les formats PDF 1.6 et 1.7, avec une préférence pour le PDF/X-4. Les fichiers jusqu’à un mètre doivent être fournis en taille réelle; pour les formats plus grands, il est possible de travailler à l’échelle, généralement à 1:10. Cette échelle doit alors être clairement indiquée. Le fond perdu standard est de 5 mm, sauf si l’application ou un modèle de produit exige davantage.
La résolution doit également être évaluée en fonction du format final. Le guide recommande 300 ppi pour les travaux destinés à être observés de près, 150 ppi pour une distance de visionnage comprise entre un et trois mètres, et 72 à 100 ppi pour des distances plus importantes. Il s’agit de valeurs indicatives: le support et le type d’image jouent également un rôle. Un fichier à l’échelle nécessite une attention particulière. Une image de 150 ppi dans un fichier à l’échelle 1:10 ne correspondra plus qu’à 15 ppi au format final imprimé.
Définir à l’avance la couleur et la finition
En matière de couleur, la spécification générale repose sur le CMJN avec ISO Coated v2/Fogra39. Les images RVB sont converties, ce qui peut entraîner un écart entre le résultat imprimé et l’image fournie. Lors de la séance de questions-réponses, M. Cardoen a reconnu que certains imprimeurs peuvent exploiter un espace colorimétrique plus large. Selon lui, ceux qui souhaitent en tirer parti doivent convenir au préalable avec le client du rendu des couleurs recherché et de la manière dont celui-ci sera évalué. Pour les travaux où la couleur est un critère essentiel, une épreuve contractuelle reste un point de référence important.
Les détails techniques de la finition méritent tout autant d’attention. Les contours de découpe doivent être définis comme des couleurs d’accompagnement et se voir attribuer un nom reconnaissable. Il en va de même, par exemple, pour le blanc d’opacité et le vernis. Pour le texte et les lignes, l’affiche mentionne des minimums de 5 points et 0,5 mm à l’échelle réelle. Pour les mailles et les textiles, entre autres, des valeurs plus élevées peuvent être nécessaires afin de préserver la lisibilité.
Le format PDF/X-4 autorise la transparence; selon Cardoen, le aplatissement préalable n’est plus nécessaire par défaut. La surimpression doit toutefois être utilisée de manière réfléchie et vérifiée dans le fichier PDF. En effet, un objet blanc placé par inadvertance en surimpression peut disparaître de l’image imprimée.

Anticiper la vérification
Bevizion Group, connu pour ses sociétés Hecht, Creaset, Marcel&Cp et Wollux en Belgique, ainsi que KVCprint et Neoa en France, traite, selon M. Cardoen, environ 40.00 commandes par an, avec en moyenne plusieurs fichiers par commande. Afin de détecter les erreurs plus tôt, les spécifications de livraison ne figurent pas seulement sur le site web, mais sont également reprises dans les devis et les confirmations de commande. Pour une partie des produits, des modèles sont disponibles dans lesquels le format, les marges de fond et la zone de sécurité sont déjà définis.
Par ailleurs, pour certaines commandes, les clients peuvent télécharger au préalable leur fichier PDF vers un outil de vérification. Ils reçoivent alors un rapport simple indiquant les points nécessitant une attention particulière. En interne également, les collaborateurs utilisent cet outil de vérification. L’objectif est de mettre en évidence un problème avant que la commande n’entre en production, afin que le service prépresse puisse commencer à travailler avec un fichier exploitable. Pour les commandes à délai d’exécution court, il est en outre utile de convenir clairement du moment où le délai de production commence: uniquement après que le fichier a été vérifié et validé.
Cardoen a toutefois mis en garde contre un préflight trop strict. Si un contrôle génère trop de fausses alertes, l’utilité du rapport s’en trouve réduite. Les accords doivent être clairs, tout en laissant une marge pour les exceptions qui seront évaluées au cas par cas. Outre l’affiche, Fespa Belgium fournit également des paramètres PDF et un profil de pré-vol Acrobat afin d’aider les graphistes et les clients qui fournissent des fichiers lors du contrôle.
Selon M. Cardoen, le plus grand défi réside finalement dans la communication. Les services commerciaux, le prépresse et le client doivent utiliser les mêmes spécifications et la même terminologie. Sa conclusion résume bien cette approche: "Un fichier correct n’est pas une faveur que l’on fait au client. C’est quelque chose que l’on organise."