« Print for Good » donne aux impressions de démonstration une vocation sociale
Ce qui sort d’une imprimante lors d’un salon professionnel peut ensuite servir pendant des années dans une salle de classe. C’est dans cet esprit que la Fondation Fespa mobilise les fournisseurs et les entreprises graphiques afin qu’ils mettent leur technologie, leurs matériaux et leur savoir-faire au service de projets éducatifs. Lors du salon Sign2Com, Els Vansteenkiste, chargée du soutien aux projets chez Fespa, a expliqué comment le secteur soutient les écoles sous la bannière « Print for Good » et comment les entreprises belges peuvent elles aussi y contribuer.
Faire la démonstration d’une imprimante lors d’un salon nécessite du matériel. Des images et des applications sont produites afin de convaincre les visiteurs des possibilités offertes par une machine. La Fondation Fespa donne à ces impressions de démonstration un objectif supplémentaire : grâce à des designs adaptés, elles deviennent des panneaux éducatifs et d’autres supports destinés aux écoles qui en ont besoin.
« Puisque nous imprimons de toute façon, autant imprimer dans un but précis et pour aider », a déclaré Els Vansteenkiste lors de sa présentation à Courtrai. En tant que responsable du développement commercial chez Fespa International, elle met en relation les entreprises et développe de nouvelles activités. Elle est également impliquée dans la Fespa Foundation en tant que responsable des actions caritatives.
Son appel aux professionnels de l’imprimerie présents était concret : examinez ce que fait déjà votre entreprise et identifiez les produits, matériaux ou compétences qui pourraient être utiles à un projet social.
Du salon à la salle de classe
Le fonctionnement de la fondation s’inscrit dans le prolongement du réseau international de salons de Fespa. Les fournisseurs reçoivent des modèles éducatifs qu’ils peuvent produire lors de leurs démonstrations. À l’issue de celles-ci, l’organisation récupère le matériel et le remet aux écoles concernées.
Vansteenkiste a elle-même participé à une initiative lors du salon Fespa en Afrique du Sud cette année. Plusieurs exposants y ont produit du matériel qui a ensuite été remis à des écoles. Il s’agissait notamment de panneaux pédagogiques.
La contribution ne doit pas pour autant se limiter aux impressions classiques sur des supports rigides. Elle a également évoqué un fournisseur qui imprimait sur du bois. Cette technique offrait la possibilité de créer des kits pédagogiques robustes que les élèves peuvent utiliser à plusieurs reprises.
Cette approche permet ainsi de relier une activité de production existante à un besoin concret. Pour les fournisseurs, cela représente en même temps une occasion de montrer les possibilités d’application de leur technologie.
Un lien durable avec les écoles
La Fondation Fespa articule son action autour de trois objectifs : un impact durable, le renforcement des communautés locales et l’accès à l’éducation. Selon Mme Vansteenkiste, il ne s’agit pas seulement d’une livraison ponctuelle de matériel.
Au cours de sa présentation, elle a évoqué plus de 1 400 élèves bénéficiaires. Cinq écoles ont déjà reçu un soutien et une sixième est venue s’y ajouter. Grâce au programme « Adopt a School », les entreprises peuvent nouer une relation durable avec une école spécifique et adapter leur contribution aux besoins locaux.
« C’est une démarche à long terme, pas seulement une intervention ponctuelle », a souligné Mme Vansteenkiste. « Nous avons un engagement envers ces écoles. » Elle a cité l’exemple de Durst, qui a adopté une école et s’y est rendu en personne. L’objectif est de renforcer cette collaboration grâce à des activités récurrentes.
Selon elle, le contact personnel et le suivi sont essentiels. La fondation entretient des contacts avec les directions des écoles et se rend sur place pour visiter les projets. Elle peut ainsi vérifier où le matériel est utilisé et quel soutien supplémentaire est nécessaire. En septembre 2026, Mme Vansteenkiste s’est rendue dans une école à Batau, dans la province sud-africaine du Limpopo.
Au-delà des supports pédagogiques
Les besoins des écoles vont parfois au-delà du matériel pédagogique. Il peut également manquer des bancs d’école, des installations sanitaires ou d’autres équipements de base. C’est pourquoi la fondation collecte, outre du matériel, des contributions financières. De plus, le soutien s’adresse à l’ensemble de la communauté scolaire. Les parents et les autres parties prenantes participent aux projets. À travers ces visites, Mme Vansteenkiste souhaite également faire découvrir aux enfants le secteur graphique et les opportunités qu’il offre.
« J’ai moi-même passé une journée avec les élèves pour faire connaissance et leur expliquer ce qu’est l’industrie de l’imprimerie et quelles opportunités elle offre », a-t-elle raconté. « Nous voulons inspirer les jeunes à travers ce que nous faisons et qui nous sommes. » Outre les projets en Afrique du Sud, elle a évoqué des activités au Brésil. La fondation est également ouverte aux propositions plus proches de chez elle.
Action belge avec swissQprint Benelux
Pour illustrer comment une contribution peut naître de sa propre expertise, Mme Vansteenkiste a cité une initiative de swissQprint Benelux. En collaboration avec l’artiste Paul Raats, l’entreprise a élaboré une série limitée d’œuvres d’art signées afin de soutenir la fondation. La série comprend dix exemplaires en version dorée et vingt exemplaires en version argentée. Plusieurs œuvres avaient déjà été vendues lors du salon professionnel Sign2Com.
Adopter une école, faire un don d’argent ou fournir du matériel : la fondation propose différentes façons de participer. M. Vansteenkiste a souligné qu’une idée de produit ou une application d’impression spécifique pouvait également constituer un point de départ.
Il est donc demandé aux fournisseurs et aux imprimeries de réfléchir, lors des démonstrations et de la production, à une utilisation possible du résultat. Une impression peut-elle servir de support pédagogique ? Un matériau peut-il avoir une seconde vie ? Ou une application créative peut-elle rapporter de l’argent pour un projet scolaire ?
Avec « Print for Good », la Fondation Fespa souhaite relier ces idées à des besoins concrets. « Chacun a son propre talent pour entreprendre des activités et des actions », a conclu M. Vansteenkiste. Les possibilités offertes par le secteur constituent le point de départ de cette démarche.