L'emballage secondaire enregistre une croissance record à l'horizon 2030
Le commerce électronique et la durabilité comme turbos
Le marché de l'emballage secondaire prend de l'ampleur. Selon un nouveau rapport de Smithers, en association avec Packaging Innovations et Empack 2026, le marché mondial devrait atteindre 300,7 milliards de dollars d'ici 2030. Les principaux moteurs? Le commerce électronique, l'innovation dans le domaine du papier et les réglementations européennes qui bouleversent les modèles d'emballage classiques.

Le commerce électronique prend les devants
Alors que l'emballage secondaire servait traditionnellement d'intermédiaire dans le commerce de détail et la logistique industrielle, le commerce électronique prend aujourd'hui la tête du peloton. Rien qu'en Europe, le volume des emballages destinés au commerce électronique devrait augmenter de 45% d'ici à 2030, contre une croissance globale du marché de 10,5%. En termes de tonnage, cela se traduit par un bond de 4,7 à 6,8 millions de tonnes.
Conséquence? L'attention se déplace des rayons des magasins vers les centres de distribution, les services de messagerie et les flux de retour. Les investissements dans le carton ondulé, l'adaptation des redevances REP (responsabilité élargie des producteurs) et la mise en place d'un système de recyclage plus solide sont autant d'éléments cruciaux.
Le papier surpasse le plastique
Ce qui ressort du rapport, c'est la percée des solutions de protection à base de papier. Qu'il s'agisse de papier torsadé, de kraft ou de pâte à papier moulée, les solutions plastiques traditionnelles telles que le papier bulle et la mousse ont du mal à s'imposer. En Europe occidentale, le papier devrait connaître un taux de croissance annuel moyen de 3,9% d'ici à 2030, principalement grâce à l'essor des distributeurs automatisés dans les centres d'expédition.
Au Royaume-Uni, le changement n'est pas purement écologique: le papier échappe à la taxe sur les emballages en plastique, est plus compatible avec les redevances de REP et s'aligne sur l'importance croissante du recyclage en porte-à-porte.
Recycler ou retourner? C'est le consommateur qui décide
Que veulent les consommateurs? C'est simple: la recyclabilité avant tout. Une étude de McKinsey montre que 77% des Britanniques considèrent cet aspect comme "très important", loin devant la biodégradabilité ou les matériaux renouvelables. Mais elle montre aussi qu'ils sont prêts à accepter des cartons plus grands ou un remplissage plus important, à condition que le contenu arrive intact.
Cette préférence met en évidence un paradoxe intéressant : moins d'emballage n'est pas automatiquement plus durable. Les retours et les produits endommagés l'emportent sur une boîte légèrement plus grande et dotée d'une protection supplémentaire.
La réglementation change la donne
Le nouveau règlement de l'UE sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR) change fondamentalement la donne. Par exemple, il interdit certains plastiques à usage unique, impose un espace vide maximal de 50% par emballage et décourage les emballages rétractables et les plastiques multi-packs classiques au profit du carton et du papier.
Pour les exportateurs vers l'UE, en particulier au Royaume-Uni, l'espace vide dans une boîte n'est plus seulement inefficace, mais représente un risque financier.
Les emballages consignés: prometteurs mais récalcitrants
L'idée de l'emballage réutilisable gagne du terrain, mais se heurte à des objections pratiques : les faibles taux de retour, le coût, le nettoyage et la complexité logistique freinent la percée. Ceux qui misent sur l'emballage consigné doivent trouver un équilibre entre commodité, durabilité et protection.
Le carton ondulé reste roi, mais n'est pas sans menaces
Le carton ondulé conserve pour l'instant sa position dominante, mais il subit la pression des technologies de redimensionnement et des alternatives réutilisables. Les systèmes d'emballage intelligents, qui adaptent automatiquement la boîte au produit, contribuent à réduire les déchets sans sacrifier l'image de marque ou la protection.
